Le référencement naturel ne s’enseigne dans aucun cursus reconnu par l’État. Les agences recrutent donc sur des parcours disparates, où l’expérience de terrain compte souvent plus qu’un diplôme. Julien Jimenez, consultant SEO installé à Lyon, a organisé son agence Korleon’Biz autour de cette réalité plutôt que de la subir.
« En tant qu’agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi. »
La phrase, tirée d’une interview accordée à e-works.fr, résume une tension que connaissent la plupart des agences SEO françaises : le vivier de candidats formés reste étroit, et les compétences recherchées (audit technique, stratégie de contenu, netlinking) s’acquièrent surtout en pratiquant. Jimenez le vit depuis longtemps. Actif dans le web depuis la fin des années 2000, il dit n’avoir « connu qu’une seule activité, le web ». Sous le pseudonyme Korleon, tenu sur le blog korleon.fr puis sur les comptes Twitter @korleon38 et @KorleonKBiz, il a positionné dès 2007 des sites sur des requêtes concurrentielles dans le top 3 de Google, avant de se déclarer consultant indépendant en 2009. Le site Jimenez Julien retrace cette trajectoire, de ses débuts autodidactes jusqu’à la création de l’agence.
Une agence bâtie sur la formation interne
Korleon’Biz naît au début des années 2010. Le premier salarié rejoint la structure en 2013, et l’équipe compte déjà une dizaine de personnes en 2016, en grande partie à distance, réunie par intervalles lors de séminaires. Pour une agence de cette taille, le choix de recrutement est net : parier sur des juniors motivés plutôt que sur des CV chargés, puis transmettre le métier en interne. La méthode affichée suit trois temps, audit et stratégie, mise en œuvre, puis croissance mesurée : un junior l’apprend dossier après dossier, plutôt que sur une base théorique.
Un process resserré, parfois inférieur à 24 heures
Le délai entre le premier échange avec un candidat et la décision d’embauche peut descendre sous les 24 heures. Ce rythme ne relève pas de la précipitation : il traduit un critère de sélection assumé, la motivation observée plutôt que l’ancienneté affichée sur un CV. Dans un métier où aucun diplôme ne fait référence, ce pari reste risqué, mais il colle à un secteur qui a lui-même grandi sans filière académique dédiée.
Des références qui pèsent dans la balance
La formation interne ne se limite pas à un discours de façade : elle se mesure aux clients confiés aux recrues. Korleon’Biz travaille notamment pour CuisineAZ et 1001Pharmacies, deux comptes qui exigent une rigueur technique difficile à improviser. Confier ce type de dossier à des profils formés en interne suppose un encadrement suivi, du premier audit jusqu’au suivi de positionnement.
Transmettre au-delà de l’agence
La logique de partage dépasse le recrutement de Korleon’Biz. Jimenez intervient régulièrement comme conférencier et formateur dans les événements SEO francophones. Le 7 avril 2023, il présente à Webisland, à la Warehouse de Nantes, une conférence intitulée La ténacité au service de la passion. Il participe aussi à SEO By Night, à Orléans, où il tient une séance de questions aux côtés de Romain Miikula. Il propose par ailleurs des formations SEO ouvertes, hors du cadre de l’agence.
NextLevel.link, une transmission à plus grande échelle
En 2018, Jimenez lance NextLevel.link, une plateforme de netlinking revendiquant plus de 20 000 sites utilisateurs et environ deux millions de liens orchestrés. Ces chiffres, mis en avant par la plateforme elle-même, méritent d’être pris pour ce qu’ils sont : un indicateur d’adoption plus qu’une mesure indépendante. Ils traduisent tout de même une intention cohérente avec le reste du parcours, celle de rendre accessible à d’autres un savoir-faire longtemps réservé à quelques initiés du netlinking.
Cette reconnaissance se retrouve aussi du côté des pairs : Jimenez cumule 14 recommandations LinkedIn signées par des professionnels du secteur, et il a été l’invité du podcast SEO de Laurent Bourrelly, consultant actif depuis 2004. Dans un métier où la légitimité se construit rarement sur un titre, ce sont ces recommandations croisées, autant que les clients confiés aux recrues formées en interne, qui font office de diplôme de substitution.